Chapitre 1

Chapitre 1
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- Va dans ta chambre !

Je claquais la porte du couloir et courais jusqu'à ma chambre. Mes jambes allaient se dérober sous moi. Je m'asseyais sur mon lit en essayant de me calmer, en vain. Mes longs cheveux noirs cachaient ma vue déjà troublée par les larmes. Je fermais mes yeux tout aussi noirs que ma chevelure et une larme glissa le long de ma joue. Je l'essuyais de ma main gracile. Pourquoi ? Oui, pourquoi moi ? Qu'avais-je fait ? Je pris mon mp3 sur ma table de chevet et l'alluma, les écouteurs sur mes oreilles.

"Oh j'craque j'ai besoin d'elle,
Faut qu'j'lui dise combien je l'aime,
Même si mon amour gêne,
Ce soir je lui dis tout."

Sa voix réchauffait mon coeur meurtri, j'ouvris les yeux et je trouvais les siens. Mon poster préféré était accroché sur le mur d'en face. J'avais beau connaitre cette image dans ses moindres détails, je me perdais encore dans ses yeux pourtant simple papier glacé.

- M.P, murmurai-je sur la musique.

Ses grands yeux bleus figés me fixaient intensément, ses lèvres closes avait pourtant l'air sur le point de s'ouvrir. Comme s'il allait me parler, me dire quelque chose. Si seulement. Ma mère rentra une heure plus tard, je l'entendis hurler, comme d'habitude. Mes larmes redoublèrent. J'ai toujours été plus ou moins entourée, de deux ou trois amis, principalement des filles, mais j'avais toujours eu ce sentiment de solitude, certainement dû à ma situation. Il devait être plus de 22h quand ma mère m'appela pour manger. Je n'étais même pas à la porte du couloir qu'elle s'énervait déjà:

- Tu bouges ton c*l ou quoi ? Tu viens bouffer, oui ou m*rde ?

Je ne répondis pas et m'installa dans notre petite cuisine. Elle s'installa avec moi après avoir sorti nos deux hamburgers du micro-ondes. Je pris mon sandwich sans gran appétit, ne prêtant même plus attention à ma mère qui ingurgitait sa demi-douzaine de cachets, comme tous les soirs. Ses mains, si semblables aux miennes, tremblaient avec force, une autre habitude. J'entendis le son de la télévision augmentait de plus en plus.

- Richard ! beugla ma mère.
- Quoi encore ? répondit l'interpellé.
- Le son bordel !

Un bruit de verre se fit entendre, un liquide qui bouge puis le son diminua. Cinq minutes plus tard, Richard apparut dans la cuisine, une bouteille de Jack Daniel's à moitié vide dans la main.

- J'ai faim, grogna-t-il.
- Il y a des hamburgers dans le frigo.
- Comme d'habitude, ajoutai-je.
- Qu'est-ce que t'as dit ? demanda Richard sur un ton de défi.
- Rien du tout.

Il me fixa pendant quelques secondes et comme j'évitais son regard, il bougea enfin. Il but quelques gorgées de whisky en ouvrant le frigo. Je me levais au même moment, jetant le carton de mon hamburger à la poubelle.

- Bonne nuit maman, dis-je sans conviction en prenant le chemin du couloir.
- Et moi ? hurla Richard.
- Bonne nuit Richard.
- Je t'ai dit de m'appeler papa ! beugla-t-il.
- Mais tu n'es pas mon père ! répliquai-je.
- Encore heureux, ajouta-t-il, j'aurai honte que tu sois ma fille.

Les cachets faisant effet, ma mère planait, elle nous regardait d'un air distrait. Ses pensées étant bien loin de nous, je tournai les talons mais Richard m'attrappa le bras.

- Oui j'aurai honte que tu sois ma fille, reprit-il, parce que t'es une erreur de la nature, une ratée, une sal*pe. Personne ne veut de toi. En même temps, comment vouloir de quelqu'un comme toi ? Tu fais pitié.

Je dégageai mon bras, sans rétorquer quoi que ce soit. Le chemin mécanique jusqu'à ma chambre me parut plus long que d'habitude. Quel monstre. Quel monstre ! Il ne vaut pas mieux que moi. Je sais bien que je n'aurai jamais dû être là. Je cassais ma vieille tirelire en forme de fée et tenta de compter les billets à l'intérieur. Les larmes embuaient ma vision et un bout de porcelain s'enfonça dans mon bras alors que je frappais mon bureau du poing. Une goutte écarlate tomba sur le meuble en bois, se mêlant à mes larmes. Je regardais le bout de porcelaine enfoncé au milieu de mon avant-bras. Je pris le morceau éclaté et tira le long de mon bras dans un mouvement de rage. Le sang commençait à affluer et la douleur, comme un soulagement, m'envahit. Mais j'en étais toujours là:

- Il me manque 15¤ ! dis-je en plantant à nouveau le morceau de porcelaine dans mon bras.



Voilà le premier chapitre. Alors je vous demande vos impressions, vous aurez la suite lorsqu'il y aura 10 commentaires sur ce chapitre.
Merci.

# Posté le lundi 29 juin 2009 08:49

Modifié le mardi 30 juin 2009 06:18

Chapitre 2

Chapitre 2


Samedi matin, je me levais en milieu de matinée avec dans l'objectif de trouver les 15¤ qu'il me manquait. Je m'habillais rapidement et sortais sans prendre la peine de passer par la cuisine. Je descendis les marches de l'immeuble, les trois étages toujours silencieux. Je me retrouvais dans la rue, il faisait frais pour la mi-avril. J'allumais mon mp3 et la voix de M.Pokora envahit mes oreilles. Son grain de voix me fit sortir du brouillard matinal et l'air frais qui me fouettait le visage me donnait l'impression d'être vraiment en vie.

"J'étais tranquille en train de causer,
Quand cette pure beauté est passée,
Sur elle j'ai bloquée."

Je souriais toute seule, regardant discrètement les gens, les mains dans les poches, mes cheveux dans les yeux. J'avançais au milieu du monde à un pas lent et lourd. Je me retrouvais devant un magazinier. J'entrais et regardais le dernier FAN2, il ne fallait pas que je craque. Les 23¤ étaient dans mon porte-monnaie, mais je me retenais de les sortir et de me laisser tenter par ce nouveau poster. Je ressortais après avoir vu la date de son passage ici. Le 18 mai 2006.

Je parcourais la ville avec l'espoir de trouver un petit job' qui me permettrait de gagner le montant d'argent qu'il me manquait. Je déambulais parmis les gens sans grand succès. Mon âge était le frein principal, n'étant âgée que de quinze ans, il n'était pas aisé de me trouver un travail. Il était plus de 14h lorsque j'entrais dans un bureau de tabac d'une rue commerçante, je demandais sans espoir si il n'y avait pas un petit boulot de libre chez un commerçant de la rue. Le patron me répondit que la boutique de vêtements juste au coin de l'allée cherchait justement quelqu'un pour les aider à ranger leurs stocks. Je le remerciais et courais presque jusqu'à la boutique qu'il m'avait indiquée. Une fois devant la porte, j'entrais d'un pas hésitant. La vendeuse me regarda sans expression et me demanda si j'avais besoin d'aide comme elle me voyait m'approcher du comptoir. Je lui expliquais ma recherche et que j'accepterai leur prix. Elle appela sa patronne et lui expliqua mon histoire, je voulais trouver un petit travail afin de trouver les 15 ¤ manquant. Dix minutes plus tard elle raccrocha en m'informant qu'il faudrait revenir le lundi vers 17h40 pour que la patronne puisse me voir. Je la remerciais, laissant mon numéro de portable et sortis de la boutique. J'avançais dans cette rue piétonne, regardant les bâtiments gris et froid, mon écharpe autour du cou. Je voulais juste savoir si j'allais être prise pour enfin obtenir l'argent qu'il me manquait. Je rentrais chez moi vers le milieu de l'après-midi, et lorsque j'ouvris la porte de l'appartement, je fus accueillie par des cris de colère.

- Où étais-tu ? me demanda Richard.
- J'étais dehors.
- Qu'est-ce que tu faisais encore ? Les trottoirs ? C'est trop tôt !
- Je... Je...
- Je t'ai cherché partout, tu pars sans le dire, comme ça ! hurla-t-il.
- Qu'est-ce que ça peut te faire ? demandais-je dans un accès de rage.
- Ca ne me fait rien, mais il me semble qu'aujourd'hui tu es de corvée de ménage toute la journée et qu'il est presque 16h et que tu n'as toujours rien fait !
- Et alors ? Je vais le faire ton ménage, je vais la nettoyer ta crasse.
- Pardon ? marmonna-t-il.
- Je vais t'le nettoyer ton appart' pourri, dis-je.
- Tu t'prends pour qui ? Tu me parles pas comme ça !
- Je te parles comme je veux, répliquais-je, tu n'as aucun droit sur moi.
- Ah bon ? Tu crois ?

Je le regardais, ses yeux grossis par l'alcool sortaient de sa tête, il m'emprisonna le bras entre sa main puissante et il approcha ses lèvres de mon oreille.

- Tu n'es qu'une pourriture, me murmura-t-il.

J'essayais de me débattre, mais il me gifla avec force.

- Je n'ai aucun droit sur toi ? C'est ce que tu as dit...

Il me gifla une seconde fois, puis il me tira les cheveux pour me faire relever la tête et il me regarda dans les yeux, approchant son visage de moi. Je sentis son haleine de whisky me fouetter le visage.

- Je fais ce que je veux et tu as à m'obéir. Petite c*nne.

Il me jeta contre le mur et m'ordonna d'aller dans ma chambre. Je me tins la joue en le regardant, effrayée.

- Petite trainée, tu aurais mieux fait de mourir à la naissance. Ca aurait arrangé tout le monde que tu n'existes pas.

Les larmes me montèrent et je courais dans ma chambre pour ne pas pleurer devant lui. Je l'entendais rire depuis l'entrée. Je fermais la porte de ma chambre, m'adossant à celle-ci pour laisser mes larmes couler. Je tenais ma joue d'une main pendant que l'autre cherchait mon mp3.

"Doucement mon âme quitte mon corps,
Je sens arriver la mort,
J'ai tant d'choses à faire encore..."

Mes larmes glissent le long de mes joues. Ma conscience se perdit dans mes pleurs et je finis par me relever. J'attrappais mon cadre photo qui encadrait ma mère et moi lorsque j'avais environ trois ans. A cette époque là, il n'y avait pas de Richard, il n'y avait pas de cachets matin et soir. Je serrais le cadre contre moi puis sortis de la chambre et j'ouvris discrètement la porte de la chambre de ma mère. Elle dormait. Ses somnifères sur sa table de nuit. Je retournais dans ma chambre, après tout, elle ne m'écouterait même pas. Elle n'avait plus conscience de rien elle non plus, les anti-dépresseurs et les somnifères avaient doucement pris possession d'elle et aujourd'hui elle marchait aussi aux anti-douleurs qui la faisaient planer de jour comme de nuit. Je contemplais cette photo que je gardais comme un symbole d'espoir. Peut-être que l'avenir serait meilleur. Peut-être encore meilleur que le passé. Cette photo me dégoutait, je savais que ce n'était qu'un leurre. Les comprimés faisaient survivre son corps mais son âme était partie à jamais. A jamais... Nos sourires figés, ses bras m'entourant dans un élan d'affection sincère me semblait impossible. Plus jamais... Je lançais le cadre contre le mur et il se brisa sous le choc. Je tombais à genoux dans les éclats de verre, les enfonçant dans mes tibias, dans les paumes de mes mains. Le sang s'étalait par terre et la souffrance physique me faisait oublier la peine de mon coeur.


30 com's ici pour le troisième chapitre. J'attends vos impressions.

# Posté le lundi 29 juin 2009 15:33

Chapitre 3

Chapitre 3
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Cette nuit là, je fis un étrange rêve. Le rêve d'une autre vie. De sa vie. Il était là, plus beau que jamais, son destin d'or lui donnait une expression divine et une auréole céleste entourait son visage d'ange. Il souriait à ses amis. Ses collaborateurs. Je ressentais son stress monter. Comme si tout était plus étrange, j'entendais ses pensées.

J'avançais dans le couloir de la maison de disque, aujourd'hui était un jour crucial caraujourd'hui je finissais les essayages pour les costumes de la tournée. Je venais de raccrocher avec Hakim qui m'avait appelé pour me rappeler que la répétition avait lieu dans une heure et demi dans une salle de danse à l'autre bout de la ville. Je consultais ma montre en espérant que Sarah, la styliste, ne serait pas en retard. J'entrais dans le bureau réservé pour la réunion. Mon manager était déjà là. Je le saluais et il me demanda comment se passait les répétitions. Puis il m'informa que ce soir, à 17h30 j'avais une interview à donner pour Star Club en vue de la tournée. Et que le lendemain matin j'avais une scéance photo. Je souriais en approuvant et en me demandant quand est-ce que j'aurai le temps de me reposer en sachant que ce soir je devais me rendre à une fête organisée par mon pote, DJ E-Rise. Sarah arriva enfin et le reste du monde.
Une heure et demi plus tard, je courais dans les couloirs du centre de danse que Hakim m'avait indiqué, mon garde du corps, Will, sur mes talons. Il avait horreur de me perdre de vue dans des endroits "non protégés" mais je ne voulais pas être trop en retard. Lorsque j'entrais dans la salle, je retrouvais tous mes danseurs qui finissaient de s'échauffer. Ils me saluèrent tous sans s'arrêter et je me joignais à eux. La répétition se passa bien, comme d'habitude la bonne ambiance était de la partie et nous plaisantions ensemble sous le regard de Will qui ne cessait de passer des coups de fil. 16h50, j'étais dans les vestiaires du centre de danse et je prenais une douche rapide pendant que Will me donnait de nouveaux vêtements. Une fois habillé de mon baggy et de mon T-shirt Be Priv rouge ainsi que d'une paire de Nike, il m'accompagna jusqu'à l'extérieur du bâtiment avant de nous engouffrer dans notre van. Nous nous perdions dans les bouchons de Paris, le rendez-vous était dans une demi-heure mais Will avait tendance à redouter les embouteillages parisiens qui pouvaient parfois s'éterniser. Enfin, nous arrivâmes à l'heure convenue, et je fis une interview d'au moins une heure. Le journaliste me posait des questions sans grande importance avec ma tournée ce qui me gênait un peu, je répondais gentillement mais avec plus d'enthousiasme lorsqu'il s'attaquait au Player Tour. Une fois sorti, mon manager m'envoya un SMS pour m'informer qu'il avait trouver un batteur et qu'il fallait que je passe au studio d'enregistrement pour le voir. Et c'était parti.
Vers 23h, je débarquais à L'Etoile, une boîte de nuit parisienne dans laquelle E-Rise faisait une soirée. Je retrouvais par la même occasion tous mes potes dont Tyron, mon petit protégé. Je ne parlais pas beaucoup, trop absorbé par la tournée qui se préparait...

Je me réveillais en sursaut. Quel étrange rêve ! J'en avais déjà fait un de Matt mais jamais dans ce style là. Je me frottais les yeux sans comprendre. Cela semblait si... réel.
Nous étions lundi de la semaine suivante et je me devais d'aller en cours. Comme d'habitude je m'habillais de vêtements longs et plutôt large pour ma frêle carrure puis je sortais de l'appartement sans autre petit déjeuner que mon dentifrice. Je montais dans le bus et partais pour une journée d'école comme les autres.

"Ils ont sorti les armes,
Fait de l'ombre à la lumière,
Si je verse une larme,
C'est qu'ils ont sû briser nos rêves."

Il était un peu moin de 17h30 lorsque j'arrivais devant le magasin dans lequel j'avais postulé le samedi précédent. J'entrais en croisant les doigts, j'espérais de toutes mes forces que la patronne me donnerait le job'. La vendeuse, la même que samedi, m'accueillit avec un petit sourire, elle me salua gentillement et m'informa que sa patronne arriverait d'ici peu. Je fis un tour dans le magasin. Il y avait vraiment de beaux vêtements. La vendeuse me proposa d'en essayer un ou deux, comme ce petit T-shirt gris qui irait très bien avec mon jean délavé. Je la remerciai sans façon. Sa patronne arriva quelques minutes plus tard, très souriante elle me posa plusieurs questions sur les conditions de mon travail et je lui expliquais que je désirais quinze euros pour terminer un projet qui me tenait à coeur. Elle me donna quelques conditions. Ce serait juste pour trois jours, je devrais venir de 16h30 à 18h et je ne serai pas payé plus de quinze euros puisque c'était ma demande.

- Marché conclu, lui dis-je alors qu'elle me serrait la main.

Je rentrais chez moi, un sourire aux lèvres. Mais je reçus un accueil des plus déplorables...



Que pensez-vous de cette suite ? 50 commentaires pour le prochain chapitre.
Merci pour tout vos com's.

# Posté le mercredi 01 juillet 2009 18:11

Chapitre 4

Chapitre 4

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J'ouvrais la porte de l'appartement et trouvais Richard dans un état encore jamais vu. Il avait au moins trois bouteilles d'alcool à côté de son fauteuil et il tenait une autre bouteille dans la main. Je posais mon sac dans le salon lorsqu'il m'interpela.

- T'étais où ?
- J'étais en ville, dis-je.
- Et qu'est-ce que tu faisais en ville ? demanda-t-il d'un ton incertain.
- J'accompagnais une amie à son cours de danse, mentis-je.
- Menteuse, tu es allée voir un copain c'est ça.
- N'importe quoi, répliquai-je, tu dis vraiment que de la m*rde.
- Il t'a bien pris j'suis sûr, continua-t-il, mais il reste avec toi juste pour te sauter tu sais. T'es qu'une trainée. Tu mérites rien d'autre.
- Mais tu sais tu ferais mieux de te la fermer, m'emportais-je, parce que je n'ai pas de copain. Si t'étais moins bourré tu dirais pas ça.
- Je suis pas bourré, je suis très bien. Je dis juste la vérité. T'es une pourriture, une trainée. Une erreur de la nature parce que ta mère était comme toi. Une sal*pe qui écartait les jambes dès le premier soir. A force de faire la p*te voilà ce qui arrive...
- C'est toi la pourriture. C'est toi qui l'a rendue comme ça !
- Quoi ? dit-il, répète-moi ça ?
- C'est toi qui a rendu ma mère comme ça, répétais-je, t'es qu'un sale pourri.

Il se leva, titubant. Malgré tout ce que j'avais enduré, je demeurais têtue et mon fort tempérament me poussait toujours à la révolte. Il s'approcha de moi et je me reculais quelque peu, un éclair de satisfaction traversa son visage.

- Tu as peur ? demanda-t-il.

Je fis non de la tête et il s'approcha de moi.

- Si ta mère est devenue comme ça, si elle est obligée d'avaler tout ces cachetons c'est tout simplement à cause de toi. Parce qu'elle ne voulait pas de toi, mais elle t'a gardé parce qu'elle a des pseudos principes de femmes, elle voulait pas avorter parce que selon elle c'est de l'assassinat... Elle aurait mieux fait, ça aurait été un assassinat bénéfique puisqu'il aurait rendu un vrai service à l'humanité.
- Tu te rends compte de ce que tu dis ? demandai-je la gorge nouée.
- Oui... dit-il dans un sourire démoniaque, je dis ce qui est. Tu lui as pourri sa vie, elle a voulu s'occuper de toi et regarde où elle en est par ta faute ! Elle a plus rien. Heureusement que je suis là. Elle est au bord du suicide et tout ça à cause de toi, parce que t'es qu'une pauvre c*nne qui en demande toujours trop.
- C'est pas vrai, répliquai-je.
- Ah bon ? Tu crois ? Et ton p*tain de M.Pokora à la c*n que t'écoutes en boucle. Pauv' hystérique. Tu l'auras jamais ce mec, il en a rien à foutre de ta sale vie de m*rde. Si il t'arrivait quelque chose tu crois qu'il s'en soucierait ? Tu peux crever dès ce soir que ça changera rien à sa vie !

Je le regarde dans les yeux, ces derniers sont complètement explosés. Je ne cesse de me répéter que je ne dois pas croire tout ce qu'il me dit et que c'est son état d'ébriété qui lui fait dire ces atrocités.

Le lendemain soir, j'effectuais mon premier jour de travail dans la boutique de vêtements. Je devais déballer les cartons et ranger les vêtements selon leur numéro dans des rayons différents de l'arrière boutique. Je me sentais vraiment utile dans cette boutique, en une heure et demie je triais plus de dix cartons sur les quarante de la commande, la vendeuse qui était toujours sur place à ces heures là me félicitait de mon efficacité. Je la remerciais. Je remontais mes manches, ces efforts faisaient monter ma température corporelle. Les yeux de la vendeuse se tournèrent sur mes bras graciles et son expression changea. Je remettais mes manches sur mes membres et elle releva les yeux vers mon visage, se forçant à sourire.

- J'y retourne, dis-je d'un ton faussement léger.

Après cet évènement quelque peu étrange, je n'accordais plus une parole à la vendeuse, de peur qu'elle ne me pose des questions. Je rentrais chez moi, une fois mon travail fini. Elle me félicita et je partis en direction de mon immeuble, à dix minutes de la rue marchande. Je marchais d'un pas rapide la tête baissée, à fond dans ma chanson.

"Je me rapelle le jour,
Où je t'ai vu mon amour,
Au détour d'une ruelle,
Qui aurait pu imaginer,
Que le destin,
Fougueux comme je l'étais,
Aurait pu nous rapprocher,
Tu m'es apparu si belle,
A mes yeux comme une étincelle,
Qui me donne un nouvel avenir,
Tant de plaisir,
Je t'aime au-delà de toutes mes limites."

C'est alors que je bousculai quelqu'un, j'étais tellement perdue dans les paroles de la chanson et dans mes pensées que je marchais tête basse, connaissant le chemin par coeur. Je relevais la tête, enlevant mes écouteurs, les yeux pleins de larmes. C'était un jeune homme, d'environ une vingtaine d'années, je restais figée en le voyant. Il avait les yeux d'un bleu impressionnant, ses lèvres fines et bien dessinées...

- Matt ? demandais-je bêtement.
- Ah non désolé, répondit l'autre en souriant, moi c'est Nathan.
- Excusez-moi, bulbutai-je.

Je reprends mon chemin et me retourne encore pour regarder le jeune homme continuer le sien. Quelle idiote je suis. Tellement perdue dans mes pensées, et tellement emportée par la chanson de M.Pokora que j'avais pris ce gars pour lui. Je suis vraiment débile quand je m'y mets... Je pénétrais dans mon immeuble quelques instants plus tard et croisais une voisine en grimpant les escaliers. J'arrivais devant la porte de l'appartement et je sentais un énorme poids tomber dans mon ventre. La peur s'emparait-elle de moi ? Je n'avais pas envie de rentrer, je n'avais pas envie de le voir. Ma mère devait encore être en train de dormir. Elle ne faisait que ça et je savais qu'il ne devait pas faire autre chose que boire... J'ouvris la porte le plus discrètement possible, j'entendis des éclats de voix dans la cuisine. Ma mère semblait parler avec Richard. J'avançais silencieusement, tentant d'épier leur conversation.



En début de chapitre, je mets un lien vers une chanson qui correspond au chapitre, si vous voulez l'écouter en même temps...
55 commentaires pour avoir la suite.
Merci de toujours être au rdv.
Take Care.

# Posté le vendredi 03 juillet 2009 06:03

Modifié le mercredi 30 septembre 2009 16:13